L'adoption de Sami, un chat extrêmement timide

L'adoption de Sami, un chat extrêmement timide

Bonjour,

Voici une lettre pour vous faire part de notre adoption d'un chat extrêmement timide...

En novembre 2011, après la douloureuse perte de notre fidèle amie, une magnifique et très douce chatte dénommée Blue, mon conjoint et moi avons décidé de faire appel à un refuge et d'adopter un autre chat.

Sur le site de ACSA (Adoption Chats Sans Abri), je vois la description de Sami, un chat siamois qu'on décrit comme un animal doux et effacé, n'attendant qu'une chance pour sortir de sa coquille et s'épanouir à son plein potentiel...

Cette description correspond bien au type de chat que nous voulons accueillir chez nous. Une visite s'impose. Puisque Sami est placé en famille d'accueil en attendant de trouver un nouveau foyer, c'est chez Céline Lortie que nous nous rendons.

Première visite: après environ deux heures passées chez elle à caresser des chats affectueux et prêts à l'adoption et à essayer d'apercevoir Sami qui se cache tout ce temps, c'est définitivement le coup de foudre. Sami est celui qui a le moins de chance de se faire choisir et pour nous, c'est donc celui que nous choisirons. Il n'a que dix mois environ et a passé tout ce temps sans abri. Céline (maintenant propriétaire du Refuge Chaline) l'a nourri tout l'été dehors, sans pouvoir l'approcher. Elle réussit à le faire entrer chez elle en octobre, alors qu'il commence à faire vraiment froid et que le pauvre est désespéré.

Deuxième visite: ça y est, nous venons chercher Sami. Mais c'est vite dit et pas si vite fait... ça nous prendra un autre deux heures pour le cajoler et finir par le faire entrer par la ruse (avec un jouet plein d'herbe à chat) dans une cage de transport. L'ami Céline nous donne de judicieux conseils et c'est la larme à l'oeil qu'elle nous regarde partir.

Nous installons Sami dans une pièce pour lui: nourriture, eau, jouets, deux fenêtres pour regarder dehors et un abri où se cacher hors de notre atteinte. Commence alors une série de visite à Sami: nous nous installons sur une couverture par terre et jouons aux dés ou aux cartes, tout en lui parlant doucement de temps en temps et en essayant de le faire jouer avec un de ses jouets. Sami reste caché. Il ne semble pas savoir jouer... et ne sort de son abri qu'à la nuit tombée. Ça me brise le coeur. Il n'y a aucune agressivité de sa part, mais il ne fait pas confiance aux humains.

Au bout d'une semaine de ce petit jeu, Sami mange bien, boit bien, mais est toujours au fond de sa cachette... C'est à ce moment que mon compagnon a la brillante idée d'aller acheter des friandises pour chat, des Temptations pour ne pas les nommer. Bingo! Sami n'est pas joueur, mais il est gourmand! La distance entre nous se réduit de plus en plus et nous entrouvrons la porte de sa pièce la nuit (tout en fermant la porte de notre chambre) afin qu'il puisse découvrir le reste de la maison à son aise.

Après quelques jours, tout va de mieux en mieux, mais Sami est toujours très craintif et se tient prudemment hors de notre portée. Nous découvrons que ses griffes ne semblent pas se rétracter; il reste accroché à chaque fois qu'il passe sur un tapis ou grimpe sur le divan... c'est incommodant pour lui... et pour le divan aussi. Ça pourrait expliquer le fait qu'il ait été abandonné?

Au bout de deux semaines, je laisse la porte de la chambre ouverte et Sami vient y jeter un coup d'oeil. Dès qu'il aperçoit le lit, il s'arrête, se retourne et me regarde avec des yeux incrédules:

"Quoi? Vous en avez un? Et c'est maintenant que vous me le montrez?"

Avec un immense soupir de bonheur, il saute sur le lit en ronronnant à plein régime. Dès cet instant, c'est devenu son domaine personnel et, gentil comme tout, il nous permet d'y dormir aussi.

Au bout de quelques mois, le chat craintif que je pensai ne jamais pouvoir caresser n'en finit plus de demander câlins et mots doux. Je devine cependant, à voir la façon dont il réagit à chaque jappement ou miaulement qu'il entend à la télé, qu'il aurait besoin d'un ami à quatre pattes.

Retour à la case départ: le refuge. Céline qui me conseille à merveille, me propose d'adopter cette fois une crapule rousse hyperactive qui vient d'arriver chez elle et y sème le trouble... il n'est là que depuis une semaine et n'a d'autre nom que Crapule...

C'est un pensez-y bien.

Je finis par capituler en voyant que la petite bête rousse, qui a environ huit mois, va finir par se faire tabasser sérieusement par les autres chats, si elle continue à les agacer...

OK, voici le nouvel élu. Très sociable, n'ayant peur de rien ni de personne, nous le mettons dans la cage de transport sans effort ni jouet.

Et comme Céline avait raison! Les deux chats se complètent à merveille: Sami le renfermé, qui ne sait pas jouer ni se laver et Crapule qui est à l'aise partout et qui passe sa journée à faire des mauvais coups. Résultat: l'un a déteint sur l'autre! En les regardant jouer et courir, Sami est devenu Goliath (c'est lui le plus fort et personne n'a dit que le plus fort ne pouvait pas aussi être le plus peureux) et Crapule est devenu Darwin (le plus futé, aucun doute là-dessus).

Goliath a pris de l'assurance; Darwin est devenu plus prudent.

Goliath, qui mangeait beaucoup trop vite à la façon d'un chat qui a eu faim, mange maintenant en prenant des pauses pour regarder son ami manger...

Darwin a montré à son frère siamois à jouer et à se laver. Pour les mauvais coups, rien à faire: Darwin doit les inventer et les exécuter tout seul. Rien n'est parfait!

Conclusion: Quatre ans plus tard, chacun à sa façon, les deux chats sont adorables et absolument nécessaires à notre bonheur!

Post-Scriptum: Durant la dernière année, pour remercier Céline et l'aider à notre façon, nous avons servi de famille d'accueil pour deux magnifiques chattes du Refuge Chaline, en attendant qu'elles se fassent adopter. La deuxième nous a même fait le merveilleux cadeau de nous laisser l'accompagner lorsqu'elle a donné naissance à quatre chatons plus mignons les uns que les autres. C'est une autre forme de bonheur d'avoir des nouvelles de toutes ces petites bêtes qui ont trouvé de bonnes familles pour les aimer et se laisser aimer.

Que la magie continue d'opérer.

Suzanne Renaud

(25 octobre 2015)